plasticienne
Un parcours marqué par l'art, dès l'origine.
Sa pratique des arts plastiques largement encouragée dans son cercle familial et son attirance pour les arts en général - notamment la danse, le théâtre qu'elle pratique en amateure - l'ont conduite naturellement vers des études artistiques.
Son plaisir à transmettre l'a porté à vouloir devenir enseignante. Après l'obtention d'une licence d'arts plastiques en 1996, à la faculté d'Aix-en-Provence, elle envisage une réorientation, plus séduite par les valeurs de l'éducation populaire que celles de l'éducation nationale. Elle valide alors un Diplôme d'Etat relatif aux Fonctions de l'Animation en 2006. Cette formation professionnelle lui permet d'envisager une carrière tournée vers l'humain. Elle y est formée à la relation d'aide et l'approche centrée sur la personne. Elle se spécialise dans l'accompagnement de publics porteurs de handicaps. Elle nourrit sa pratique d'un lien étroit à l'art et en fait sa spécificité professionnelle. C'est ainsi que son parcours avant de devenir art-thérapeute, l'amène à travailler en lien étroit avec des artistes désireux d'avoir une action culturelle auprès de publics, comme dans l'autre compagnie, compagnie de théâtre, en tant qu'assistante du metteur en scène et comédien Frédéric Garbe. Ou encore des artistes souhaitant partager la scène et le propos
artistique avec des personnes "différentes" comme avec le Collectif KO.com, où elle participe auprès de la photographe et chorégraphe Manon Avram, à la création du spectacle
Intérieur Jour Extérieur Nuit, traitant de la particularité de "ne pas voir"...
Parallèlement à cela, elle poursuit sa propre recherche artistique et expose sa peinture au regard de l'autre au travers de performances artistiques lors de concerts et en festivals avec l'association dracénoise Tabarnak entre 2001 et 2008. Elle découvrira plus tard en devenant art-thérapeute que ce qu'elle est venue chercher au travers de ces performances de peinture en live sont des expériences de l'ordre de la transe. Toujours attirée par ce rapport étroit avec le public, elle participe en 2008 à la Braderie de l'art de Tourcoing, par le biais de l'association Nicole Crême ( Marseille) qu'elle rejoint en 2006, regroupant des artistes portés par l'image. Elle s'est aussi essayée à des expositions plus classiques de ces peintures avec le Collectif d'artistes hyérois "l'art est public" à Hyères et à Sanary entre 2009 et 2012.
Depuis quelques années, son travail artistique est devenu plus introspectif et confidentiel.
Tout en continuant à peindre, elle s'est formé au travail de l'argile avec le potier Alain Briffa (2020 - Poterie de Pierroux à roussillon) et l'artiste Juliette Lee (2022 - cours de pratique amateure ESADTPM, Toulon), puis a développé un travail de sculpture avec l'artiste Raphaël Mahida-Vial (2023 - cours de pratique amateure ESADTPM, Toulon).
Aujourd'hui, elle poursuit un travail intimiste en peinture et dessin et une recherche en modelage en lien avec la designer Magali Rastello (2024 - Magma Studio, Flassans).
La peinture de Virginie Giraud pourrait se définir comme méditative, souvent réalisée dans une ambiance calme voire silencieuse durant plusieurs heures d'affilée. La multitude de traits viennent contenir, structurer, une forme organique qui cherche à se répandre.
Le résultat visuel pourrait s'apparenter à un travail de broderie, comme si au travers de ses peintures quelque chose venait se recoudre, se suturer peut-être... Sous la forme d'un ornement, qui viserait à ne pas faire disparaître la cicatrice mais à en faire quelque chose de nouveau, d'inédit. Comme si la réparation rendait vie, autrement.
Pousser la matière dans ses limites, jusqu'à laisser entrevoir la faille naissante, Virginie Giraud explore les possibilités et les limites des argiles qui passent entre ses mains.
Aller jusqu'au point de rupture mais de manière maîtriser, laisser apparaître les blessures, les crevasses, les imperfections et prendre soin malgré tout pour qu'advienne la beauté.
Que ce soit au travers de ces peintures ou de son travail en céramique, le processus de création de Virginie Giraud d'abord sensoriel, puis émotionnel et devenant finalement intellectuel questionne les notions de limites régulièrement, d'équilibre souvent.
La matière qu'elle soit palpable, comme l'argile, ou presque évanescente, comme l'aquarelle ou les encres, lui offre le cadre d'intervention plastique où elle expérimente la fragilité, ou elle explore les bords, comme le point d'équilibre subtil, rare et pourtant recherché.